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historique de l'orgue Callinet Issenheim

De Nicolas BOULAY à Callinet

En 1753, la petite église paroissiale d’Issenheim abrite déjà un orgue. L’instrument qui complète le riche et harmonieux mobilier de l’élégant édifice de style roman est dû au facteur d‘orgues Nicolas BOULAY. En 1765, Christian LANGES, facteur d‘Uffholtz, révise l’orgue Boulay. En 1772, cet artisan originaire du Tyrol du Sud est chargé de sa réparation pour un montant de 200 livres. Alors qu’à la Révolution les objets du culte sont saisis pour être transformés au profit de l’armée, l’orgue Boulay semble miraculeusement éviter pareil sort. En effet, en 1809, le sellier local Thadée Reymann effectue des travaux de rénovation aux soufflets des orgues. Mais l’église paroissiale primitive menace ruine. En février 1823, un courrier épiscopal y jette l’interdit. Ce joyau de l’Art roman sera détruit et remplacé par un autre lieu de culte.

Le dimanche après la Noël 1827, la nouvelle église paroissiale est consacrée. En 1833, Thiébaut ZIMMERMANN, un industriel sexagénaire, entre au Conseil de Fabrique de la paroisse St-André. L’année suivante il en prend la présidence. De cette époque date la construction du nouvel orgue attribué à Joseph CALLINET. En l’absence de tout document officiel attestant d’un legs ou d’une donation, il faut admettre qu’il s'agit d’un don privé au profit de la paroisse d’Issenheim. Charles KIENZL, compositeur réputé, confirme cette hypothèse. Il écrit "Herr Zimmermann stellte in die neuerbauteKirche eine guten grosse Orgel, die er selbst spielte É". Il publia ces lignes en 1868, donc du vivant du vaillant donateur. En 1836, l’Instituteur Joseph ERNST est officiellement confirmé dans les fonctions d’organiste titulaire. Ernst qui est aussi sacristain en chef touche alors un traitement annuel de 220 F en tant qu’organiste et de "souffleur des orgues".>Lors des fêtes solennelles JosephERNST cède sa place à Jean Thiébaut Zimmermann. D’après Kienzl, lui-même organiste à Notre-Dame de GUEBWILLER, Zimmermann dirige aussi les chantres d’Issenheim.

En 1855, ce chef de choeur offre son piano à queue, un violon ainsi qu’une armoire à partitions au Conseil de Fabrique. A sa mort, survenue le 28 juin 1869, un testament olographe confirme l’attachement que le bienfaiteur portait à son orgue. Dans l’article 2 de l’acte notarié, Zimmermann écrit: " Je donne et lègue en toute propriété et à titre particulier à la fabrique de l’église paroissiale d’Issenheim une somme de 10 000 F une fois payée, à charge par ladite fabrique de tenir toujours l’orgue en bon état de réparation, de le faire accorder par un facteur d’orgues deux fois par an, et de payer un supplément annuel de 300 F à l’organiste, qui sera de son côté tenu de donner gratuitement l’instruction musicale du chant à huit enfants des deux sexes, afin d’entretenir à perpétuité un chant d’église édifiant É".

Le 6 juillet 1870, le ministre de l’intérieur donne son accord à l’acceptation de la donation. Le legs de 10 000 F sera employé en l’achat de rentes d’État au taux de 3% au nom de la Fabrique de l’église d’Issenheim.

Il est important de noter que les travaux effectués en 1895 par Joseph Antoine BERGER à l’orgue Callinet, furent payés par Georges SPETZ. Le célèbre petit-neveu de Zimmermann, dont il avait assurément hérité des goûts artistiques, acquitta donc pour 3000 marks le montant de cette facture. Ce geste de générosité désintéressé symbolise tant d’actions de bienfaisance au profit de notre paroisse.

Michel HAERING.

Auteur de " Histoire d’Issenheim" 1992

 


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